Osez l'absurde Madame !

Osez l'absurde Madame !

Le long des murs coule une larme abominable,
Vieille et verdâtre, vestige d'un obstacle minable,
Je m'horrifie de tant de tourments et de gouffres,
Quand l'obstacle repus vient renaître là ou l'on souffre.

Les longs râles de notre agonie parviennent-ils,
Aux oreilles du mal désenchanté, du mystère décousu ?
On m'annonce qu'ils ne comprennent, pourquoi viennent-ils,
Poser leurs immondes lèvres sur nos corps encor nus ?

Nous sommes les dramaturges de notre drame,
Une tragédie banale et compliquée madame,
D'où vient ce refus, d'où vient votre voile ?
Aussi sombre que la vacuité qu'il dévoile.

J'aime à croire que je pourrais l'étreindre,
A penser qu'elle viendra pour m'ensorceler,
Dans l'interdit diaphane, je m'entends geindre,
Et dans l'absurde, j'entends les moutons bêler.

Puis vint notre sombre symphonie aux violons brisés,
Gémissants les plaintes enrobées de douleur lésée,
Sans que madame, vous ne puissiez y toucher,
Ma main vint alors l'épouser, son visage trempé.



Et vous monsieur ! Qui semblez rire au coin du mur,
Quand votre propre chair se ferme et s'emmure,
Tachez donc de ne pas oublier les mots d'amour,
Qu'adressera la vérité à celle que j'enlacerai ce jour.

Peu m'importe les grands mots de vos préjugés,
Puisque il existe une solitude qu'on ne peut juger,
Quand on ne vit que dans l'écume sanglante,
Du doux trépas des chants qui mentent.

Pardonnez-moi, je porte une terrible infection,
J'y laisse le c½ur et je travestis les m½urs,
Quand l'esprit s'emballe dans l'impulsion,
D'une candeur salvatrice, sans limites ni heures.

Dans les serres acérées des corbeaux nécrophages,
J'entrevois les rayons percer la surface de l'abime,
L'accalmie ne poindra jamais, et il est bien sage,
D'imaginer qu'on nous accordera les montagnes et leur cime.

Alors je vous emballe ma haine dans le lyrisme,
Mais je n'oublie ni l'amour ni l'attente neurasthénique,
Qui nous ronge dans votre sombre ésotérisme,
Qu'importe ! J'ai la vie et la passion, vous pouvez bien être sceptique.


Ecrit par LupusLounge. Pour Elle.


# Posté le dimanche 17 mai 2009 21:10

Les oiseaux.

Les oiseaux.

Je suis l'automate à la peinture écaillée,
Le pantin et ses rêves assassinés, les fils sectionnés,
Et je gis près d'une porte moisie et verrouillée,
Parlant aux chrysanthèmes pour seules caresses au mort-né.
Longtemps, aux matins souriants et chauds,
Je me serrais, comme un oiseau vacant,
Fier de vivre, fier d'aimer, mais quand,
Vint cette fièvre et son parfum à maux,
La tête entre les mains et les mains moites,
Je ne pus que gémir, comme un oiseau qui boîte,
Un vieillard cagneux, perdant l'esprit comme,
On perd le mot, qu'ont devait jeter aux Hommes,
Sans crainte ni douleur, fier et orgueilleux,
Une nuée d'oiseaux tout droit venus des cieux,
Comme frappe le tonnerre et tambourine la pluie,
De petits becs brisés, de grandes âmes moisies, sans vie.


Ecrit par LupusLounge


# Posté le vendredi 27 mars 2009 17:25

Et puis tout perdre placidement...

Et puis tout perdre placidement...

C'est un drap miteux, poussiéreux qui couvre son corps désormais, sous un son incessant de crachats et d' affres, cette crainte de la mort, dont elle s'éprend à chacune de ces interminables secondes. Alors qu'un vent se lève au gré des ondes sous un ciel aussi étoilé que mon âme qui s'écartèle soudainement, et des éclats vermeils qui percent, la bête résiste, vainement. Une goutte, puis deux, j'ai le visage mouillé, pourquoi ? J'étreins le doute, et j'ai l'esprit souillé, pourquoi ? Et les voix montent, un ch½ur d'église, moribond et morose « Je ne veux plus démanteler cela », comme on voit le soleil poindre aux aurores, elle n'est ni couchée, ni assise, femme de l'horizon et de l'apothéose « Je voudrai tant observer, scruter tout ça ». Ce n'est qu'un rêve, jadis, on disait souvent « Cela ne se peut ! » et pourtant, cela est, c'est la sève, l'essence même de l'effondrement d'une enfance à geindre, pleurer, seul et sans défense. Et quand le dernier souffle expire, les yeux révulsés, les yeux fermés, traversé de frissons et de sanglots, le visage brisé, cassé, l'âme ouverte, esseulée, qui puis-je aimer ?

Ecrit par LupusLounge


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# Posté le jeudi 19 mars 2009 13:19

De ce poison...

De ce poison...

J'ai honte quand il y à les pères et leurs enfants,
Qui marchent, geignent et quémandent au gré du vent,
Aussi souillé et bas, ces âmes que l'on fend,
D'être si près de cela, n'ayant ni abri ni couvent.

Cette Haine est bien le pire de tout les virus,
En un mot ou deux, un peu de sang, de violence,
Elle se répand, c'est un rat pestiféré qui encense,
Une putain qui enivre les sens, attire puis suce.

Et ce liquide bouillonnant d'ignorance et d'innocence,
Nourris toi donc ! Et crache au creux de ma gorge,
Tout ce désir, il ne m'importe plus aucune décence,
Je vis d'orgies et de crimes, je loue ce corps sans toge.

Je suis une once de douceur vêtue de loques,
Aussi abimés que celui dont tu vivais, que tu aimais,
Sur un chemin noir de cendres et de c½urs qui suffoquent,
Sais-tu ce qu'est une telle chute ? Qu'importe désormais.

Cette perversité malhabile, immuable, abominable,
Qui bercent tes yeux vides de ce liquide malléable,
Est l'arsenic de la mort et la ciguë de Socrate,
Qui comme moi, ne crût ni le feu, ni cette date.

Ecrit par LupusLounge


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# Posté le dimanche 08 mars 2009 18:18

Sonnets Aux Sans-Espoirs.

Sonnets Aux Sans-Espoirs.

J'eus la force de dix géants,
Soulevant les âmes sans effort,
Et puis j'eus la ruse du serpent,
N'ayant que Haine et Ranc½ur du fort.

La douceur des cris et des plaintes,
Qu'offraient les écorchés et les martyrs,
« Je crois en Jésus et la Sainte »,
Fielleux idiot, sur tes cris, je sors une lyre.

Les vieux poètes et les nones pieuses,
Tout deux passionnés, à la conviction immuable,
A la différence près et pernicieuse.

L'un en vit tandis que l'autre en meurt,
Dans les maisons closes, les arènes et leur sable,
Pourritures, vermines ! Mes frères ! Mes s½urs !


Ecrit Par LupusLounge


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# Posté le samedi 07 mars 2009 22:19